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Blizzard Entertainment annonce un plan social honteux

par Solidaires Informatique

Alors que le groupe Activision Blizzard King rĂ©vèle des bĂ©nĂ©fices records en 2018, Blizzard Entertainment SAS, filiale française gĂ©rant la distribution des jeux Blizzard pour le marchĂ© europĂ©en, annonce la suppression de 134 emplois, soit un tiers des effectifs de la sociĂ©tĂ©, par le biais d’un plan de sauvegarde de l’emploi.

Présentation du groupe

Activision Blizzard King rassemble trois sociétés qui développent et éditent des jeux vidéo à succés tels que les jeux Call of Duty, World of Warcraft, Diablo, Overwatch ou encore Candy Crush.

Le groupe, cĂ´tĂ© en bourse au NASDAQ (ATVI), est le premier Ă©diteur de jeux vidĂ©o du monde et emploie environ 10 000 salariĂ©s autour du globe pour un chiffre d’affaires de 7,5 milliards de dollars et un bĂ©nĂ©fice net de 1,8 milliard.

Outre ces rĂ©sultats records, Activision Blizzard King est une sociĂ©tĂ© aux finances solides : une marge opĂ©rationnelle Ă©quivalente Ă  celle de l’industrie du luxe, un EBITDA en progression de 25% sur les 10 dernières annĂ©es, une trĂ©sorerie très Ă©levĂ©e, un endettement net nĂ©gatif et une distribution de dividendes en progression Ă  la fois sur 2018 et en prĂ©vision sur 2019. Le groupe a annoncĂ© en mĂŞme temps que ces performances une restructuration mondiale et une rĂ©duction de 8% de la main-d’oeuvre, se traduisant par le dĂ©part de 30% des salariĂ©s sur le seul site versaillais Blizzard Entertainment SAS.

Un licenciement plus boursier qu’Ă©conomique

Après 15 annĂ©es de très forte hausse, le cours de l’action a baissĂ© fin 2018 suite Ă  l’annonce du dĂ©part du PDG de Blizzard Entertainment, Mike Morhaime, et au mĂ©contentement vocal de la communautĂ© des joueurs après l’annonce du dĂ©veloppement d’un jeu mobile sous la licence Diablo. Le licenciement de 800 personnes est annoncĂ© dans le monde, plan de restructuration revĂŞtant en France la forme d’un « Plan de Sauvegarde de l’Emploi », novlangue pour parler de plan social et de licenciement Ă©conomique ; mĂ©caniquement, les cours de bourses remontent…

Par ailleurs, une partie des postes supprimĂ©s en France, notamment au Service Clientèle, sont rĂ©ouverts en l’Ă©tat dans les bureaux irlandais, ce qui nie l’argument de la diminution d’activitĂ© ; parle-t-on alors de licenciement Ă©conomique, ou d’une dĂ©localisation qui cache son nom pour Ă©conomiser sur les coĂ»ts de main-d’oeuvre ?

Un plan social au rabais

Outre le nombre d’emplois supprimĂ©s qui ne correspond ni Ă  un besoin chiffrĂ©, ni Ă  une rĂ©organisation efficace et pertinente des services du bureau europĂ©en et que nous voulons voir rĂ©duire, l’ensemble des mesures proposĂ©es par la direction est scandaleusement insuffisant notamment sur le volet liĂ© aux mesures financières — un comble pour un groupe leader de son industrie.

Actuellement, le montant des indemnitĂ©s financières est de l’ordre du minimum imposĂ© par la loi française qu’on s’attend plutĂ´t Ă  trouver dans les plans d’entreprises de taille modeste souffrant de vĂ©ritables difficultĂ©s financières ; ce n’est pas le cas de Blizzard Entertainment SAS qui a beau jeu d’oublier que cette mĂŞme loi prĂ©cise que ces montants se doivent d’ĂŞtre proportionnĂ©s aux moyens financiers du groupe international.
De la mĂŞme façon, les mesures de formations, Ă©galement imposĂ©es par la loi, sont en dessous des standards du marchĂ©, empĂŞchant la reconversion effective des employĂ©s sur le dĂ©part. Le licenciement Ă©conomique Ă  la française a pour but, et c’est dans son nom, de permettre la sauvegarde de l’emploi Ă  tout prix, que ce soit au sein mĂŞme de l’entreprise en difficultĂ©, au sein des compagnies saurs dans le groupe, ou Ă  travers une reconversion professionnelle complète qui n’est permise que si les employĂ©s ont la possibilitĂ© de financer des formations certifiantes de qualitĂ©.

Enfin, il est insoutenable d’entendre que la direction n’a prĂ©vu aucun accompagnement des employĂ©s qui resteront dans l’entreprise ni aucune Ă©tude concernant l’augmentation de la charge de travail de ceux-ci, une attente pourtant lĂ©gitime et lĂ  aussi une obligation lĂ©gale lors d’un plan de sauvegarde de l’emploi.

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